06.11.2007
Vie et oeuvre de Léon Valbert
Léon Valbert est un homme et un auteur bien discret. Aussi nous ne connaissons aujourd'hui que peu de choses à son sujet, malgré une œuvre conséquente. De son vrai nom Albert-Léon Vavasseur, il forme le pseudonyme « Léon Valbert » par la contraction de ses deux prénoms. Il utilisera plus tard le pseudonyme de Bobèche (emprunté à un comédien-acrobate du début du xixe siècle).
Auteur de chroniques dans le journal La Plume à la fin des années 1890, il écrit également des nouvelles pour plusieurs journaux illustrés (Le Petit Journal, Le Gils Blas illustré, etc.) en collaboration avec de nombreux dessinateurs, dont Gil Baer. Également auteur dramatique, il publie des recueils d'histoires courtes qui connaîtront un vif succès. Le Compartiment des dames seules, publié en 1901, sera réédité plusieurs fois, et donnera lieu à l'écriture d'un nouveau recueil, Le Compartiment des hommes seuls, en 1928, sous le pseudonyme de Bobèche. En 1903, profitant de la mode du roman du Polonais Henryk Scienkiewicz, Quo Vadis ? Roman des temps néroniens, il publie Quo Vad… rouillis ! Roman des temps biberoniens, qui sera un nouveau succès de librairie. Léon Valbert a également écrit de nombreuses pièces de théâtre : Gare la Bombe !, pièce en un acte, en collaboration avec Albert Verse ; Y a du coton !, Le Signal, Le Cambrioleur, Cyrano de Bergerac, parodie fantochemagorique ; Nénuphar, Les Marrons du feu, Le Commissaire la trouve bonne !, et Si j’étais Reine !, une pièce en deux actes et trois tableaux, en collaboration avec Jack Abeillé.
Il est fort probable que Léon Valbert ait été, comme bon nombre de ses contemporains, très marqué par les guerres et le climat belliqueux que la France a connus à la fin du xixe et au début du xxe siècles. Dans Fritz-la-Haine (1909) ou encore Mam’zelle-la-Revanche (1912), écrits en collaboration avec Rodolphe Bringer, il adopte un style satirique et revanchard. Dans ces livres qu’il présente comme des romans d’aventures, il relate la défaite de la France face à la Prusse durant la guerre de 1870, et dépeint les tensions qui opposent la France à l’Allemagne, anticipant la future victoire Française de 1918.
On le retrouve également auteur de chansons, notamment pour Alex Marodon, André Claveau ou encore Jane Chacun. Vers la fin de sa vie, il se consacre à l'écriture de romans policiers, dont, entre autres, Crimes ou suicides, La mort qui se venge, ou encore Qui a tué l'encaisseur…, qui seront publiés après la Seconde guerre mondiale, en 1945. Il mourra le 6 janvier 1947, à 79 ans.
On trouve chez Léon Valbert de nombreuses références aux classiques de la littérature, ce qui ne l'empêche pas de s'aventurer dans une écriture assez populaire, grivoise et parfois érotique. Dans Cythère… ! Dix minutes d'arrêt ! (1904), on s'aventure dans un pays où l'amour est parfois abordé de façon très vive, mais sa plume reste toujours très légère et son humour efficace. Malgré une écriture sans prétention, Léon Valbert fait preuve dans ses écrits d’une culture littéraire solide et d’un véritable amour du mot. Aussi Léon Valbert est-il sociétaire de la Société des Gens de Lettres depuis 1907.
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Commentaires
Merci à vous pour cette première biographie de cet auteur méconnu.
Ecrit par : Professeur Gründ | 23.03.2009
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