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<title>Cythère !... Dix minutes d'arrêt ! - 07-a-l-ordonnance</title>
<description>Léon Valbert</description>
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<title>À l'Ordonnance</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Qui sommes-nous)</author>
<category>07. À l'Ordonnance</category>
<pubDate>Fri, 21 Mar 2008 09:52:00 +0100</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;C'était un homme tout d’une pièce que le capitaine Basta et qui n’entendait point raillerie sur le chapitre de la discipline.&lt;br /&gt; Ni sur les autres non plus, du reste.&lt;br /&gt; Mais en particulier sur celui de la discipline.&lt;br /&gt; Il n’avait rien de ces jeunes officiers musqués et élégants qui en prennent fort à leur aise avec l’uniforme et se composent des tenues d’une fantaisie ridicule, depuis le képi Saumur jusqu’aux culottes à la russe.&lt;br /&gt; Son vêtement, à lui, était toujours à la coupe réglementaire et la largeur de ses galons, de la bande de son pantalon, la hauteur de son faux-col et de ses manchettes ne dépassaient jamais d’un millimètre les dimensions édictées par l’autorité militaire.&lt;br /&gt; En tout et pour tout, il prétendait être «&amp;nbsp;&lt;a name=&quot;retour31&quot; title=&quot;retour31&quot; id=&quot;retour31&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/a-l-ordonnance1.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;à l’ordonnance&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».&lt;br /&gt; Il en était de même, non seulement pour ceux qui l’approchaient, mais encore pour tout ce qui l’entourait.&lt;br /&gt; Par un heureux hasard, il était tombé sur la perle des brosseurs, un brave Breton du nom de Labre et d’une propreté inconnue à son saint patron.&lt;br /&gt; Labre s’était plié dès l’origine avec une souplesse de caoutchouc aux principes professés par le capitaine Basta et exagérait encore, si possible, la rigidité de son officier pour tout ce qui concernait le respect de «&amp;nbsp;l’ordonnance&amp;nbsp;».&lt;br /&gt; En sorte que, profitant de la nationalité du capitaine Basta et du prénom de son brosseur, les petits sous-lieutenants avaient accoutumé de les blaguer tous deux dans cet horrible à-peu-près&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Entre Labre et le Corse, il ne fait pas bon de placer un doigt… de fantaisie&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;retour32&quot; title=&quot;retour32&quot; id=&quot;retour32&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/la-femme-qui-perdit-troie.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;La femme, qui perdit Troie&lt;/a&gt; – et même davantage – devait, hélas&amp;nbsp;! détruire aussi la parfaite harmonie qui régnait entre ce maître et ce serviteur modèles.&lt;br /&gt; Cette femme fut la grosse Marthe, l’ancienne caissière du &lt;i&gt;Café de l’État-Major&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; Après avoir longtemps soupiré sans rien dire dans l’atmosphère de cette rondelette comptable, un beau soir de printemps, le capitaine Basta, &lt;a name=&quot;retour33&quot; title=&quot;retour33&quot; id=&quot;retour33&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/brulant-ses-vaisseaux.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;brûlant ses vaisseaux&lt;/a&gt; – faute énorme pour un officier de l’armée de terre – se décida à prier Marthe de passer la nuit chez lui.&lt;br /&gt; Peu farouche, la belle accepta.&lt;br /&gt; Comment s’y prit-elle pour ensorceler en quelques heures l’héroïque guerrier&amp;nbsp;? C'est ce que la crainte de la police correctionnelle – commencement de la sagesse – ne nous permet pas de dévoiler ici.&lt;br /&gt; Il n’en va pas moins que, le lendemain matin, le capitaine Basta tint à la grosse Marthe ce langage dénué d’artifice&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Ma fille, tu me plais, et je ne demande pas mieux que de te garder dans mon ménage de garçon&amp;nbsp;; mais à une condition…&lt;br /&gt; - Laquelle&amp;nbsp;? interrogea l’infante qui en avait vu de toutes les couleurs et décidée à ne reculer devant aucune exigence pour s’assurer le repos de ses vieux jours.&lt;br /&gt; - C'est que tu te plieras à mon genre d’existence, t’assujettiras à une règle toute militaire et ne te laisseras aller à la moindre fantaisie… La fantaisie, je l’abomine et j’entends que, dans ma maison, tout ce qui est à moi soit à l’ordonnance…&lt;br /&gt; Encore qu’un peu surprise, la grosse Marthe sourit, s’étant attendue à des obligations beaucoup plus désagréables.&lt;br /&gt; - Si ce n’est que cela… fit-elle.&lt;br /&gt; Et le &lt;a name=&quot;retour34&quot; title=&quot;retour34&quot; id=&quot;retour34&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/collage.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;collage&lt;/a&gt; commença.&lt;br /&gt; Il durerait sans doute encore si, rentrant un jour à l’improviste d’une manœuvre décommandée, le capitaine Basta n’avait trouvé…&lt;br /&gt; Je vous le donne en mille…&lt;br /&gt; Mais je vous connais.&lt;br /&gt; Vous êtes trop délicats pour accepter quoi que ce soit d’un pauvre bougre tel que moi.&lt;br /&gt; Je préfère ne pas vous faire languir.&lt;br /&gt; Le capitaine Basta trouva, dis-je, la grosse Marthe installée sur les genoux du vertueux Labre, auquel elle faisait partager, non seulement ses dernières faveurs, mais aussi les cigares et le cognac de son amant.&lt;br /&gt; Le coup fut rude et le Corse, estomaqué de cette double trahison, ne put s’empêcher de rugir&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Comment, gueuse&amp;nbsp;?... Ce n’est pas assez de faire fumer mon tabac et boire mon alcool à ce misérable inférieur… Tu pousses l’infamie jusqu’à te donner à lui.&lt;br /&gt; Mais la grosse Marthe, avec le calme olympien d’une conscience tranquille&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Je n’ai fait que me conformer à tes instructions, mon chéri. C'est toi-même qui me l’as recommandé en ces propres termes&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’entends que, dans ma maison, &lt;a name=&quot;retour35&quot; title=&quot;retour35&quot; id=&quot;retour35&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/tout-ce-qui-est-a-moi-soit-a-l-ordonnance.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;tout ce qui est à moi soit &lt;i&gt;à l’ordonnance&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; 
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