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<title>Cythère !... Dix minutes d'arrêt ! - 02-la-parole-est-d-argent-et-le-silence-est-d-or</title>
<description>Léon Valbert</description>
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<title>La Parole est d’argent et le Silence est d’or</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Qui sommes-nous)</author>
<category>02.La Parole est d'argent et le Silence est d'or</category>
<pubDate>Fri, 21 Mar 2008 10:31:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il l’aimait d’un amour exclusif&lt;/strong&gt;, tel le monopole de la &lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/14/le-monopole-de-la-compagnie-des-omnibus.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;Compagnie des Omnibus&lt;/a&gt;.&lt;a name=&quot;retour1&quot; title=&quot;retour1&quot; id=&quot;retour1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Mais, hélas&amp;nbsp;! elle se refusait à «&amp;nbsp;couronner sa flamme&amp;nbsp;».&lt;br /&gt; En vain il la suppliait de prêter à ses discours passionnés une attentive oreille.&lt;br /&gt; Elle demeurait sourde comme une lanterne et &lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/froide-comme-celle-d-un-serpent.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;froide comme celle d’un serpent&lt;/a&gt;.&lt;a name=&quot;retour4&quot; title=&quot;retour4&quot; id=&quot;retour4&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Enfin, ce jour-là, il résolut de se surpasser lui-même, d’être d’une éloquence décisive…&lt;br /&gt; Et, tombant à ses genoux, il commença&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Comme te voilà belle, ma grande amie, comme te voilà belle… Tes yeux sont comme ceux des colombes, entre les lourdes tresses de tes cheveux…&lt;br /&gt; Il la regarda, guettant un soupir de satisfaction, récompense de son lyrisme exacerbé.&lt;br /&gt; Hélas&amp;nbsp;! les lèvres de l’inflexible restèrent closes.&lt;br /&gt; Il continua&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues qui remontent du lavoir et qui vont toutes deux à deux, et il n’y en a pas une qui manque.&lt;br /&gt; Elle sourit, découvrit l’émail de ses trente-deux perles… mais pas un son ne s’échappa de sa gorge.&lt;br /&gt; Et lui&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Tes lèvres sont comme un ruban d’écarlate et ton parler est gracieux.&lt;br /&gt; Qu’en savait-il, l’infortuné&amp;nbsp;? Et comment l’aurait-il su&amp;nbsp;? La cruelle s’obstinait dans son perpétuel mutisme&amp;nbsp;! Mais il affirmait de confiance et sa conviction était inébranlable&amp;nbsp;: ne la puisait-il pas à la source de la foi, dans le&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;a name=&quot;retour5&quot; title=&quot;retour5&quot; id=&quot;retour5&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/14/le-cantique-des-cantiques.html&quot; title=&quot;Voir note&quot;&gt;&lt;i&gt;Cantique des Cantiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, appris par cœur et récité de même&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Il poursuivit&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Ton cou est comme la tour de David, bâtie à créneaux, à laquelle pendent mille boucliers…&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;retour6&quot; title=&quot;retour6&quot; id=&quot;retour6&quot;&gt;&lt;/a&gt;Le sacré &lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/dithyrambe.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;dithyrambe&lt;/a&gt; demeurait sans effet&amp;nbsp;; il crut pouvoir joindre le geste à la parole&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Tes deux mamelles sont comme les deux faons jumeaux d’une même biche qui paissent parmi le muguet, murmura-t-il…&lt;br /&gt; Et il écartait doucement dentelles et &lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/batiste.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;batistes&lt;/a&gt;…&lt;a name=&quot;retour7&quot; title=&quot;retour7&quot; id=&quot;retour7&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Vaine présomption&amp;nbsp;! L’adorée ne manifesta pas plus d’intérêt à ses actes qu’à ses propos.&lt;br /&gt; Étrange détachement de toutes choses terrestres, en vérité. Ne triompherait-il point de cette immarcescible indifférence&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Dût-il être puni de sa témérité, il irait désormais jusqu’au bout, il violenterait au besoin les rétives pudeurs de la vierge.&lt;br /&gt; Et, mordant tout à coup la fleur empourprée de sa bouche, il haletait, dans le spasme voluptueux d’un long baiser&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Tes lèvres, mon épouse, distillent des rayons de miel… Le lait et l’ambroisie sont sous ta langue et l’odeur de ton haleine est plus parfumée que la brise du Liban…&lt;br /&gt; Il s’arrêta.&lt;br /&gt; A peine tressaillait-elle sous la caresse et nul mot d’amour ne voltigeait dans son souffle régulier.&lt;br /&gt; Que faire&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Persévérer… suivre la lente progression marquée par l’&lt;a href=&quot;http://cythere.hautetfort.com/archive/2008/03/21/epithalame.html&quot; title=&quot;Voir la note&quot;&gt;épithalame des Écritures&lt;/a&gt;&amp;nbsp;?&lt;a name=&quot;retour8&quot; title=&quot;retour8&quot; id=&quot;retour8&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Ma foi, tant pis&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; Il risqua le tout pour le tout… son enlacement se fit plus audacieux, sa pantomime s’égara… et cependant il persistait à déclamer le poème biblique&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Ma sœur, mon épouse, tu es un jardin clos, une source close et une fontaine cachée. O fontaine des jardins&amp;nbsp;! O puits d’eau vive&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; Toujours rien&amp;nbsp;! Elle fermait les yeux, semblait ailleurs, loin… très loin…&lt;br /&gt; Il gémit, désespéré&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Insensible créature, ne consentirez-vous jamais à m’ouïr&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Quand, soudain&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; - Vous… vous ouïr… mais je… j’ouïs&amp;nbsp;!... balbutia-t-elle.&lt;br /&gt; O délices&amp;nbsp;! Elle lui répondait enfin… elle daignait écouter… elle ne refusait plus de l’entendre…&lt;br /&gt; Et pourtant – bizarrerie de la nature humaine – ce fut alors précisément qu’il cessa de parler&amp;nbsp;!&lt;/span&gt; 
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